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MessagePosté le: Sam 30 Juin - 15:23 (2007)    Sujet du message: [BG] Ethänn Répondre en citant

Nepherty a écrit:
Une missive me parvient, provenant de ma mère. Je me précipite pour l'ouvrir et la lire:

"J'ai appris de la bouche de ton Père que tu avais été reçu récemment comme aspirant dans les rangs des Chevaliers d'Uther, je tiens à t'en féliciter.
Il m'a dit une chose qui m'a touchée... Lorsqu'on t'a demandé de parler à coeur ouvert, tu n'as pu t'exprimer pleinement... et apparemment tu en as été meurtri, je te comprends. Ton Père et moi t'avons caché quelques points sur ton passé, ainsi que celui de ta soeur. Mais désormais, je pense qu'il est temps de tout avouer.

Voilà toute l'histoire:

Cette histoire a lieu bien avant certains événements.

Quelques mois auparavant:

"Aaaaaaah !
- Tout ira bien mon ange, je suis là."

C'était par une nuit sans Lune. Dans une petite chambre pour le moins chaleureuse, une femme hurlait à la mort. Elle souffrait. Si le silence de la nuit pouvait faire frissonner certains ou en apaiser d'autres, les cris de cette femme, eux, ne pouvaient que vous figer sur place. Echo lointain, dans la pénombre de la rue, ses cris s'évanouissaient lentement.

"Huh huh huh..."

Cette femme avait la respiration rapide, saccadée. Le front perlant de sueur, la tête plaquée contre un oreiller, le regard vers le ciel. Autour d'elle s'affairait un homme, d'une belle stature, épongeant le front de la jeune femme avec une serviette d'eau tiède. La pièce était éclairée par quelques bougies, et ce reflet orangé donnait à cette pièce une ambiance suave et doucereuse, pleine de chaleur. Un autre homme était dans la pièce et se tenait aux pieds de la jeune femme:

"Poussez encore un peu, il est là", dit-il d'une voix calme.

La femme se contracta, le visage crispé. Ses mains enserrèrent le couvre-lit d'une force, que l'on aurait cru qu'il allait se déchirer. Une plainte se perdit encore dans la nuit. Puis un autre cri bien différent, plus aigu se fit entendre:

"Regardez Madame, c'est un beau garçon", dit l'homme en enroulant le bébé dans une serviette bien chaude.

Il alla le poser dans les bras de la jeune femme. Elle était si heureuse qu'elle en pleurait. L'homme debout à ses côtés était si pâle que l'on aurait dit qu'il allait s'évanouir à tout moment. Il s'agenouilla et se mit a hauteur du visage de sa femme et du petit. Ce dernier avait cessé de pleurer et regardait sa maman avec curiosité. Ses deux grands yeux d'un noir d'encre étaient plongés dans ceux bienveillants de sa maman:

"Oh Nephertya, il est magnifique, je suis si heureux, si tu savais", dit l'homme en embrassant sa douce sur le front.

Je lui souris. Mais quelque chose d'inattendu se produisit, une douleur intense, une autre contraction. Mon visage se crispa, et je retins un cri étouffé de peur d'apeurer le nouveau-né.

"Lotario, prends le petit... aaaaaaah !"

Lotario s'empressa de prendre l'enfant, en me regardant apeuré et inquiet. Le médecin se pencha alors de nouveau sur moi et à sa grande surprise nous dit ceci:

"Mon Dieu, il y en a un autre, poussez, poussez fort. Il se sera fait attendre la petite canaille."

Je poussais, reprenant mon souffle que très peu de fois. Je voulais que ce supplice se termine au plus tôt. Que cette douleur disparaisse. Je ne distinguais plus que des ombres dans la pièce, rien de plus. Je n'entendais même plus personne.

Lorsque je repris conscience, j'étais toujours allongée, mais la douleur était moindre. Le petit jour commencait à faire son apparition. La douce et chaude lueur de l'aube entrait par les fenêtres comme un doux baiser de printemps. Lotario me tenait la main et son visage s'illumina lorsqu'il me vit lui sourire, d'un air fatigué.

"Alors ai-je bien travaillé?, dis-je souriante
- Oui mon coeur, oh oui."

Il pleurait de joie, sa tête s'enfouie contre ma poitrine et je lui caressais les cheveux amoureusement. Le médecin était encore là, s'occupant de deux petits "paquets" non loin du lit dans lequel je reposais.

" Je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Encore toutes mes félicitations pour cet heureux événement. Vous avez là deux beaux bébés."

Il s'approcha de moi et me prit la main.

"Surtout reposez-vous bien. Bonne journée Madame, Monsieur, puis il s'inclina, sourit à toute la famille et sortit doucement.
- Lotario, dis-je doucement, puis-je voir nos enfants ?"

Il se releva, s'essuia rapidement le visage et alla chercher les petits. Je me souviendrais toujours du visage de Lotario lorsqu'il vint près de moi avec les deux enfants dans chaque bras. Il paraissait si heureux, un bonheur comme jamais il n'en avait connu. Il était si mignon.

Il posa le deuxième enfant dans mes bras, c'était une petite fille. Son visage serein, son tout petit nez, se petites mains aux doigts si fins, elle était magnifique. Elle était si paisible à dormir dans mes bras. Quel bonheur que d'être mère. Je regardais Lotario, qui berçait doucement notre garcon, avec un si grand sourire qu'il nous suffit d'un seul regard pour nous comprendre.
"Il a une marque de naissance sur son épaule gauche, regarde. C'est amusant elle est en forme de croix, la Lumière l'aurait-elle choisi?" dit Lotario le sourire aux lèvres, me montrant cette petite tache brunâtre.

Je le regardais avec amour et compréhension. Nous étions les plus heureux du monde.



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MessagePosté le: Sam 30 Juin - 15:23 (2007)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Sam 30 Juin - 15:24 (2007)    Sujet du message: [BG] Ethänn Répondre en citant

Nepherty a écrit:
Le récit de ces événements se déroule quelques semaines après la naissance des enfants.

Tout le monde sait que lorsqu'un événement heureux se produit, il y a toujours une appréhension que quelque chose vienne le gâcher. Ce léger doute vint si subitement et fut si impromptu que même aujourd'hui je m'en veux cruellement...

J'étais remise d'aplomb de mon accouchement. Ethänn et Elyänna étaient de magnifiques petits "poupons", ils étaient magnifiques. Hélas pour leur sécurité, Lotario et moi avons décidé de les cacher dans une paroisse, non loin du Northshire. Là-bas nous fîmes la connaissance du maître de maison si je puis dire, un homme très agé, arqué et marchant difficilement sur ses deux jambes. Il portait sur le bout de son nez des lunettes en demi-lune et son regard était pour le moins chaleureux à notre encontre. Il nous ouvrit les portes de sa paroisse, c'était comme une sorte de grand pensionnat, avec ses différentes salles et ses longs couloirs sans fin.

Je trouvais l'endroit un peu froid pour accueillir des enfants, mais après tout cela n'était pas non plus l'éthique de cet endroit. Pendant la visite nous croisâmes quelques personnes, mais rien de bien vivant. Nous laissions donc nos petits chérubins sous la protection de cet homme et de ses condisciples. Après des au revoirs difficiles, Lotario et moi repartîment confiants. Après tout nous venions souvent leur rendre visite.

Un jour, alors que le soleil dardait ses premiers rayons, je me mis en route pour la paroisse. Le coeur léger et le visage souriant, je descendai de cheval et allai frapper à la grande porte en bois. Aucune réponse. Je décidai d'ouvrir la porte. Il n'y avait pas âme qui vive, plus un bruit. L'atmosphère était des plus pesante... Mon sourire s'était effacé à l'instant même où je pénétrai dans l'enceinte. "Pas de quoi s'inquiéter" me répétais-je machinalement "Ils ont du sortir..."

"Hého, excusez-moi, il y a quelqu'un ?"

Ma voix se répercuta en un écho des plus glacial. Aucune réponse. Ma main, inconsciemment, se portait sur la garde de mon épée. Mes pas devenaient de plus en plus feutrés. L'oeil était aux aguets et les oreilles à l'affut du moindre son. C'est alors qu'un bruit que je connais bien me fit me retourner d'un geste brusque.

Une lame siffla l'air, d'un revers rapide et efficace je coincai le bras de mon agresseur, avant de lui asséner un coup au visage qui le fit trébucher. Je mis ma main sur son bras meurtrier, avant de sortir ma lame et de la lui mettre sous la gorge:

"Qui t'envoie? Réponds-moi de suite ou je te jure que tu vas non seulement voir de près cette lame mais aussi la sentir profondément dans ta chair.
- ..."

Il tremblait. Ce n'était qu'un vaurien, rien de plus. Apparement même pas capable de se servir d'une arme correctement:

"Je répète une dernière fois, qui t'envoie?
- ...
- J'espère que ta récompense pour ma peau valait la peine de risquer ta vie. Je te propose ceci, tu me dis qui t'a envoyé et pourquoi, et je te laisse la vie sauve, ca sera une sacrée récompense non?"

Il semblait réfléchir et considérer avec une grande attention ma proposition, il balbutia quelques mots:

"Ecoutez, s'il vous plaît madame, il m'a envoyé car il voulait effacer toute trace de son échec...
- Qui ça il ? dis-je calmement."

Il ravala sa salive et dit dans un murmure:

"Le Père Ilario. Je ne sais trop ce qu'il a fait, mais son expérience a échoué, et il ne veut pas que quiconque se mette sur sa route.
- De quel expérience parles-tu? Réponds!
- J... je ne sais pas... je vous jure...
- Mes enfants où sont-ils?!
- Il n'y a plus personne ici, il a dit à tout le monde de faire ses bagages et de partir au plus vite, où je ne sais pas, mais je crois qu'il est encore dans son bureau... Je vous en prie laissez-moi partir comme promis..."

Tout se chamboulait dans ma tête, "une expérience ratée, les enfants partis... que leur avait-il fait... ce vieux débris..." Puis mon regard se posa de nouveau sur le jeune homme apeuré. Mon regard était froid et respirait la Mort.

"Rappelle-toi je ne t'ai jamais rien promis."

Il n'eut le temps d'exprimer quoi que ce soit que sa gorge fut tranchée net, éclaboussant le blanc immuable du sol d'un rouge sombre. Je me relevai et le coeur meurtri, je courus jusqu'au bureau du vieillard. J'ouvris les portes avec fracas, il n'y avait personne dans le bureau. Je me précipitai à la fenêtre et je le vis là dehors en train de claudiquer en direction de l'écurie. Il ne pouvait pas s'échapper, non, pas tant qu'il ne m'aurait pas dit où se trouvaient mes enfants!

Je pris mon élan et sautai par la vitre qui céda en un millier de bouts tranchants et miroitants à la douce lueur du soleil. J'atteris en contre-bas avec légereté, et pour amortir ma chute, je fis une roulade et me remis de suite à courir. Je le vis commencer à détacher le noeud de la corde qui retenait son cheval. Je pris un couteau à ma ceinture et le lançai avec précision. Il alla se loger dans le bois sec de l'écurie en ayant traversé au préalable la main du vieil homme.

Lorsque je fus à sa hauteur, il était pathétique, pitoyable. Tentant vainement de s'arracher à l'étreinte du couteau, il gesticulait dans tout les sens, se faisant plus mal à chaque tentative.

"Essaie de l'enlever et je te tue sur le champ, misérable!
- Madame... pitié... je vous en prie... je ne suis qu'un vieillard... épargnez-moi.
- Qu'as-tu fait de mes enfants?! hurlais-je en l'empoignant et le plaquant contre les lattes de bois.
- Aaaah, ma main ma main...
- Oh pardon... Elle te gêne tant que ca?"

Et d'un coup rapide et précis je lui coupai net le poignet. Il s'écroula sur le sol et voulut réprimer un hurlement de douleur mais je mis ma main sur sa bouche avant d'enfoncer ma lame dans son flanc. Je sentis sa douleur, elle était palpable. Sa respiration était confuse, il était en sueur, les yeux révulsés. Je me penchai doucement vers lui et lui dit au creux de l'oreille:

"Maintenant tu vas tout me raconter, et tu vas me dire où sont mes enfants, pauvre fou! Pourquoi as-tu essayé de me tuer, hein? Qu'avais-tu à cacher?"

Il fit un léger signe de la tête et je lui ôtai la main de la bouche.

"Bien... huh huh... Je vais tout vous raconter. Je suis malade... huh huh... et je suis bien vieux... J'ai toujours cru que l'on pouvait vaincre la mort, vaincre la maladie... huh huh... Il y a tant de magie en ce monde que rien n'est impossible..."

Son regard, malgré la terrible souffrance, brillait d'un éclat de savoir et d'envie, d'avarice et d'égoïsme:

"J'ai travaillé pendant de longues années sur un élixir de jouvence... huh huh... magie Elfique que j'ai eue après de nombreux sacrifices...me dit-il le sourire déformé par la douleur, mais jamais je n'ai tenté l'expérience sur moi et j'avais eu raison car chaque fois que je faisais boire l'élixir à quelqu'un il vieillissait prématurément et finissait par mourir avant même que je puisse l'étudier... Lorsque je le faisais boire à une personne de mon âge qui n'avait plus rien a perdre, il rajeunissait, mais l'effet était si puissant que les cellules dégénéraient à une vitesse fulgurante entrainant une mort rapide au bout de quelques jours. J'ai donc continué mes recherches nuit et jour et j'ai trouvé et mis au point un autre sérum permettant de stopper l'évolution ou la dégradation cellulaire, hélas huh huh je pouvais bien stopper le vieillissement ou le rajeunissement, mais le problème de la dégénérescence des cellules étaient toujours d'actualité, certes le temps était allongé mais le résultat était le même: la Mort... Alors quand vous êtes arrivée..."

Son sourire me fit frissonner et je savais ce qu'il allait dire...

"Oui quand j'ai vu ces nouveaux-nés arriver... Bien sûr je ne pouvais faire cela à mon "ami" Lotario qui avait foi en moi et en ma sagesse mais comprenez la détresse d'un vieil homme et l'envie de savoir de l'érudit que je suis. L'occasion était trop belle et je leur fis boire l'élixir.
- Nooooon! Pauvre fou! Qu'as-tu fais!!! hurlais-je, le ruant de coups.
- Attendez... argh... ils ne sont pas morts ils ne sont pas morts!"

Je me stoppai net, mon regard empli de larmes de rage et de haine, je le regardai à nouveau dans le blanc des yeux:

"Oui... dit-il crachant sur le sol un sang rougeâtre et étrangement épais. Ils ne sont pas morts, le vieillissement a opéré cependant, ils ont pris de l'âge prématurément. Disons que désormais ils ont une vingtaine d'années... hu huh... mais le plus étrange c'est que leur esprit lui-même semble s'être plus ou moins accommodés à ce changement brutal... Ils sont partis pour l'Abbaye du Northshire quand ils ont découvert ce qu'ils leur était arrivé. Mais je ne peux garantir qu'ils vivront très longtemps, j'ai envoyé des hommes terminer le travail, un échec reste un échec... et de toute façon ils ne vivront que quelques jours tout au plus, le sérum n'ayant pas fonctionné...
- Pauvre fou! Egoïste! Tout ce que tu mérites c'est la mort! Tu ne te soucies que de ta propre personne oubliant par la même tous les principes et les convictions de ce monde. On ne peut aller à l'encontre de toute vie!
- Comprenez que la Mort puisse faire peur... et je ne voulais pas connaître cela."

Le visage de l'homme était d'une tristesse incomparable. La douleur semblait lui être épargnée, mais celle du coeur était plus importante:

" Je suis un savant, et si j'avais trouvé la vraie solution à cet élixir de jouvence, ne pensez-vous pas qu'il aurait révolutionné notre monde, sauvé des vies? Quel est le prix de mes sacrifices comparé au résultat que j'aurais pu apporter?
- Comment oses-tu parler ainsi! Toutes ces vies que tu as prises pour un idéal utopique... La vrai valeur de la vie se mesure à la force d'un homme à vouloir changer ce qui l'entoure, et non pas à vouloir changer le monde en se servant de la vie d'autrui. Tu n'es qu'un lâche... Meurs en lâche.
- Non attendez..."

Je ne sus ce qu'il voulait dire, je n'entendis d'ailleurs pas ses derniers mots, ma lame lui déchira la chair. Et je ne l'abattis pas une seule fois, non, mais un nombre incalculable de fois. Jusqu'à ce que ma rage ait finit d'écumer... Il ne restait rien de cet homme. Mais moi il me restait toute cette peine et souffrance... J'aurais voulu mourir de n'avoir pu être là.



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MessagePosté le: Sam 30 Juin - 15:25 (2007)    Sujet du message: [BG] Ethänn Répondre en citant

Nepherty a écrit:
Le soleil commençait à se cacher doucement derrière les montagnes entourant le Northshire. Les ombres grandissaient et le ciel passa du bleu à l'orangé.

Deux silhouettes sortirent des bois non loin de l'abbaye. Elles épiaient les moindres recoins et se faufilèrent à la douce chaleur du soleil couchant.

"C'est là tu crois frèrot ? dit une petite voix fluette.
- Oui il me semble... lui répondit une voix plus grave mais légère.
- On a réussi haha!" riait la jeune femme.

Le jeune homme, bien bâti, lui souriait, la voyant gambader et sauter de joie. Il était grand, ses cheveux vaguement coiffés en une queue de cheval. Quelques mèches perdues sur son visage lui donnaient un petit côté très charmant. Ses yeux noirs respiraient la vie et regardaient la jeune femme d'un air rieur. La jeune femme était belle, grâcieuse. Les cheveux relevés élégamment découvraient un visage mince, aux contours séduisants. Ses yeux d'un bleu azur se mariaient avec aisance avec les doux rayons du soleil de cette fin de journée. Elle avait le visage ravi, quoique quelque peu fatigué.

Elle s'étala sur le sol et regarda le ciel, où de ci de là apparassaient quelques étoiles annonciatrices des prémices de la nuit. L'homme la rejoint, le pas sûr et velouté. Il s'assit auprès d'elle et contempla à son tour le ciel étoilé.

"Dis, Ethänn, tu crois que... enfin je trouve cela tellement beau le simple fait de respirer la vie et j'ai peur que...
- Elyänna, lui dit-il tournant sa tête vers elle, et lui adressant un sourire bienveillant, tout ira bien je te le promets. Il faut profiter de chaque jour, et Dieu sait qu'il y en aura d'autres que nous partagerons ensemble, ainsi qu'avec Père et Mère."

Elyänna prit la main d'Ethänn:

"Je t'aime grand frère.
- Moi aussi je t'aime soeurette."

Dans ce moment de calme et de plénitude, les derniers chants d'oiseau se terminaient peu à peu, la pénombre de la nuit s'installant doucement. La douce musique de la chute d'eau non loin de l'abbaye berçait les esprits d'un son des plus apaisant et envoûtant. Mais quelque chose frémit dans les bois, des ombres rapides se découpèrent l'espace d'un instant avant de disparaître.

Pendant ce temps...

J'étais toujours sur les lieux de mon crime et venait tout juste de monter sur le dos d'Harod. J'allumai avec précipitation ma bigobox:

"Lotario, Lotario!
- Quoi? Que se passe-t-il mon coeur? Pourquoi es-tu si affolée, je t'ai cherch...
- Nos enfants sont en danger!
- J'te demande pardon?!
- Oui, je t'en prie, file en direction du Northshire, au plus vite, je fais au mieux. On se retrouve là-bas! Hâte-toi!"

Je raccrochai, et donnai un coup d'étrier. Harod fila à vive allure à en perdre haleine. J'étais paniquée. Le vent fouettait mon visage, mes lèvres étaient gercées et saignaient à force de me les mordre de rage. "Lotario, arrive à temps et protège nos enfants je t'en prie!" me répétai-je sans cesse.

Au Northshire

"Allez soeurette, rentrons et allons trouver gîte pour la nuit et couvert au cas où nous serions poursuivis."

Il releva sa soeur et cette dernière courut vers la porte de l'abbaye. C'est alors que surgirent deux hommes, vêtus de noir et de cagoules. Ils empoignèrent Elyänna et la jetèrent à terre.

"Elyänna! cria son grand frère en se précipitant vers ses agresseurs.

Mais chose à laquelle qu'il ne s'attendait pas, il fut plaqué au sol. Il bouillonnait de rage, mais il était immobilisé par deux autres personnes. Une troisième, qui apparemment supervisait l'attaque, se détacha du groupe et s'agenouilla devant Ethänn:

"Chut, pas un mot, rien, où je tue ta soeur."

Il se leva de nouveau et se dirigea vers Elyänna. Ethänn se débattait avec fureur. L'homme se pencha vers elle et lui murmura sans doute la même chose car elle regarda son frère bouleversée et ne dit mot et ne tentait même pas de se débattre.

"Mais bon sang cela ne lui a donc pas suffit à ce vieux fou?! Il nous écourte nos vies et cela ne lui suffit donc pas, c'est morts qu'il nous veut!"

Ethänn avait pris la parole sans vraiment s'en rendre compte, les mots étant sortis d'eux-même. L'homme se retourna, sa dague au poing, se baissa doucement sur Elyänna et lui entailla le bras. Celle-ci ne cria pas, mais la douleur devait être exécrable car elle s'en mordit les lèvres au sang et pleurait. Puis il refit le signe de se taire. Ethänn voulut hurler mais il se retint, les larmes le gagnant. Larmes de rage, d'impuissance, de culpabilité.

L'un des hommes qui immobilisait Ethänn lui murmura à l'oreille.

"Tu sais quoi, ta soeur est sacrément bien foutue. On nous a dit de vous tuer tout les deux mais je crois qu'on va passer un peu de bon temps avant, qu'est ce que tu en dis héhéhé, ça te dirais de regar..."

Mais avant même d'avoir pu finir sa phrase, Ethänn se convulsa et réussit à se mettre sur les genoux et d'un geste rapide se propulsa en arrière et envoya sa tête dans celle de son assaillant, lui brisant le nez et l'enfoncant dans la boîte crânienne, le tuant sur le coup. Le deuxième qui le tenait fut surpris et Ethänn en profita. Il lui saisit le bras, le lui brisa, récupéra la dague et la lui planta en pleine gorge. L'homme tomba dans un bruit sourd, pris de convulsions dans sa lente agonie.

Ethänn était face aux trois autres, haletant et le visage déformé par la haine et la peur. Il tremblait faiblement de l'excitation du moment. Sa tête lui tournait dû au coup violent qu'il avait donné. L'homme se tenait en face de lui, il sortit de sa sacoche un gant serti de longues griffes qu'il mit à sa main gauche, l'autre tenant sa dague. Il souriait sous sa cagoule:

"Moi qui voulais d'abord tuer la demoiselle pour lui épargner la douleur de voir son frère mourir, j'ai changé d'avis. Après tout vous n'êtes rien de plus que de vulgaires cobayes d'une expérience ratée. Pourquoi faire du sentiment."

Il se jeta avec une rapidité inouïe et une férocité sans égale. Ethänn eut tout juste le temps de se mettre sur le côté et d'esquisser un pas en arrière que la lame l'effleura en faisant de sa chemise un vulgaire lambeau. Ethänn continuait de reculer et il bascula malencontreusement sur le cadavre de l'un des hommes. Le chef bondit sur lui, la lame fendit l'air en même temps que le terrible cri d'affliction d'Elyänna.

Ethänn avait fermé les yeux et il fut surpris de les rouvrir à l'instant. Il voyait l'homme en face de lui tentant de le frapper mais sa lame rebondissait sur quelque chose. En effet, Ethänn était entouré d'un halo lumineux à la douce chaleur, incomparable. Il ne comprenait pas comment, et il regarda sa soeur, soulagée et tout autant surprise. Elle aussi était entourée de ce mystérieux halo.

C'est alors que dans l'incompréhension général, un terrible hennissement se fit entendre. Un cheval galopait à vive allure et une masse terrible siffla et s'abattit sur l'un des hommes près d'Elyänna. La masse lui fendit le crâne et il retomba plusieurs mètres plus loin. Le cheval fit un demi-tour impressionnant et un homme mit pied à terre.

"Papa!" crièrent les deux enfants.

Lotario était là, le visage impassible, ses yeux balayant les opposants et les transperçant du regard. Le chef ne bougeait pas, ayant oublié Ethänn, il dardait Lotario avec une passable envie de meurtre dans le regard. L'autre homme qui se tenait toujours derrière Elyänna prit la fuite mais un éclair bleuté vint le frapper dans le dos et le fit s'écrouler sur le sol, brûlé vif. Lotario rabaissa sa main et contempla l'homme en face de lui.
Aucun mot ne fut échangé. L'homme bondit rapidement, avec cette agilité surprenante, sur Lotario. Un terrible affrontement s'ensuivit. Les entrechocs d'armes, les crissements de la terre sous leur pas, le bruit lancinant de leurs respirations accélérées, le duel entraînerait la mort.

Lotario bougeait habilement mais l'homme en face de lui était vraiment rapide. Et en un rien de temps il réussit à passer dans le dos de son agresseur et lui asséna un terrible coup de griffe, qui répandit sur le sol le sang pur du prêtre. Lotario ne broncha pas et lui envoya un terrible coup de coude au visage qui le fit chanceler. Puis se retournant il empoigna l'homme par le bras et lui asséna un terrible coup de masse sur l'épaule. Un bruit terrible de craquement résonna dans la nuit. Lotario ne s'arrêta pas là, il lui envoya un terrible coup de pied dans l'estomac qui le projeta à terre.

L'homme se releva, chancelant. Le poing toujours serré sur sa dague, l'autre bras pendait dans le vide comme une marionette désarticulée. Il semblait toujours souriant. Mais une chose lui enleva ce sourire du visage, une flèche siffla et vint se loger dans son genou gauche, le mettant potentiellement à terre. Il regarda avec fureur l'endroit d'où avait été tiré cette flèche et vit une femme jeter son arbalète, marchant rapidement vers lui, sortant de ses fourreaux ses deux lames, le visage froid comme la Mort.

Il avait peur, et semblait vouloir chercher désespérément un moyen de s'enfuir:

"Maman! hurla Elyänna.

Lotario me regarda passer devant lui. J'avançais vers l'homme qui tentait vainement de rester debout, il tenta de me donner un coup de dague que je parai facilement avant de le mettre à terre en lui plantant mon épée dans l'autre jambe jusqu'à ce que je sente le sol. Puis avec mon pied je lui écrasai sa jambe meurtrie par le carreau d'arbalète.

"Ces enfants vivront quoiqu'il arrive, ce sont nos enfants et rien ni personne ne les empêchera de vivre leur vie pleinement. Emporte ça dans ta tombe comme récompense de ta misérable tentative!"

Et d'un geste presque devenu machinal je lui enfoncai ma dague, loin dans la gorge. Lotario s'approcha de moi, me prit dans ses bras, je pleurais. Mon regard se tourna vers les enfants, j'étais si soulagée et si heureuse de les voir sains et saufs. Je regardais Lotario et il comprit ma gratitude. Nos enfants se jetèrent dans nos bras, clamant les exploits de leur père et mon arrivée impromptue. Elyänna parlait précipitamment du courage de son frère et qu'elle n'avait jamais eu peur, pendant que Lotario lui soignait sa blessure et la sienne. Ethänn quand a lui restait silencieux mais avait ce regard que porte un fils à son père, un regard admiratif.

"Allez rentrons à l'intérieur, allez on avance plus vite que ça", dit Lotario gentiment.

Puis il se tourna vers moi et me dit l'air grave:

"On fait quoi d'ceux là?
- Laisse-les là, les loups s'en chargeront." lui répondis-je d'un air solennel.

Puis nous rentrâmes à notre tour. La fin de soirée fut des plus enchanteresse, même si nous savions Lotario et moi-même ce qu'il encourrait dans les jours à venir. Mais nous étions de nouveau en famille, et rien ne nous séparerait jamais plus, pas même la Mort...


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MessagePosté le: Sam 30 Juin - 15:26 (2007)    Sujet du message: [BG] Ethänn Répondre en citant

Nepherty a écrit:
Mon bien-aimé Lotario tenta une chose vraiment noble et pleine de courage pour sauver nos enfants, voici ce qu'il m'en a conté:

"C'était un soir pluvieux...

J'avais pris conscience qu'il était impératif que je trouve une solution pour mes deux enfants que je voyais avancer vers la mort...

Je partis donc du Northshire sous cette pluie froide et dense... Me dirigeant vers la grande cathédrale de Stormwind. Je ne pris point mon fidèle étalon, il me semblait préférable de marcher. Nephertya me couvrit d'une capuche afin de me protéger de la pluie.
Je partis sans dire mot, juste des regards... Ils suffisaient à notre communication.

Arrivé à la grande cathédrale, je demandai audience à la grande prêtresse qui écouta mon récit. Sa réaction me tétanisa, elle ne sut quoi me répondre et son éternel silence me glaçait le sang.

Une seule chose me vint à l'esprit "Je vais perdre mes enfants".

Puis son regard changea, devenant plus rassurant. Elle se pencha vers moi et me dit :
"Venez mon cher Lotario, je dois vous montrer quelque chose".
Je la suivis jusque dans les catacombes bien que je ne comprenais pas pour quelles raisons nous nous rendions dans un tel endroit. Au plus profond de ce lieu, elle se tourna vers le mur le moins éclairé, fît scintiller son sceptre et révéla une pierre gravée de symboles m'étant totalement inconnus. Elle appuya sur cette pierre, et le mur semblait comme liquide, il ondulait devant mes yeux.
Elle me fît un geste de la tête me faisant signe de traverser... Quelle étrange situation, je me retrouvais de l'autre côté de ce mur.

C'était une pièce étrange, en fait, je dirais que cela était plutôt une bibliothèque agrémentée de reliques de l'Ancien Monde. Je pris place sur une des chaises et attendis ses directives.
"Lotario, je vais vous donner un vieux grimoire que vous devrez étudier afin de trouver l'anti-charme qui s'est abattu sur vos enfants, vous devez détruire ce maléfice".
Elle trouva cet ouvrage sans mal au milieu de ces milliers de livres. Elle me le donna, puis sans me dire un mot se retira. Je compris à ce moment que je devais agir seul et faire au plus vite.
Plusieurs heures s'écoulèrent avant que je trouve ne serait-ce qu'un texte qui correspondait à la situation. En l'étudiant plus méticuleusement, je me rendis compte que la solution était impossible.

En effet, je devais trouver la terre perdue des Elfes de Sang... Chose impossible, des légendes racontent qu'elle a disparu... Serait-ce possible? Mais où cela pourrait-il être? Tant de personnes ont foulé cette terre et pourtant jamais personne ne n'en est jamais revenu.

Je remontai dans la salle d'audience afin d'en faire part à la grande prêtresse.
"Grande prêtresse?
- Oui Lotario?
- Connaissiez-vous l'existence de cette terre ?
- Oui, en effet...
- Mais... comment est-ce possible? Personne n'en a jamais parlé... mis à part quelques récits de ci de là, que nous ne pouvons prendre en considération... ce ne sont que légendes...
- Sache mon ami, que ce secret est scellé à jamais dans cette cathédrale jusqu'à ce qu'un jour ces elfes maudits réapparaissent. Et sache également que les légendes, pour la plupart, sont fondées sur des faits réels, et que ce sont les hommes dans leur grande ignorance qui se couvrent le visage de la réalité pour ne pas craindre l'impossible.
- Je veux bien vous croire... Mais comment m'y rendre?
- Je me dois d'être franche Lotario, j'en ai le pouvoir... Mais cette terre est interdite à tous sans exception.
- Tout espoir est donc perdu? Ce n'est pas possible... sinon vous ne m'auriez pas révélé ce secret.
- Une seule chose doit vous permettre de vous rendre en ce lieu : l'amour que vous portez à vos enfants.
- Je vois... Je ne dois donc pas être corrompu par des ambitions personnelles.
- C'est exact, mais il n'y a pas que ça mon ami. A votre retour, je devrai effacer de votre mémoire ce voyage. Il en va de la sécurité de tous, vous comprenez ?
- Oui et j'accepte sans hésiter."

Nous avons continué à parler toute la nuit afin de me préparer à ce voyage bien particulier.

Quelques jours plus tard

J'étais fin prêt... Je fis mes adieux à la Coalition qui m'est très chère sans leur donner aucune explication, je ne voulais pas les impliquer dans cette sombre histoire...
Je revins par la suite dans le Northshire, une dernière fois, afin d'embrasser mes deux enfants et leur apporter une bénédiction qui les protègera tout au long de mon périple.
Je me tournai enfin vers ma bien-aimée, ma chère Nephertya.

"Ne t'inquiète pas mon ange, j'y arriverai, et puis tu as une partie de mon âme, nous resterons en communion.
- ..."

Elle ne put m'adresser aucun mot, je la sentais tellement angoissée, fébrile. Je la pris dans mes bras, la serrant tendrement. Je partis en lui adressant un sourire rassurant bien que je ne sus pas vers quoi je m'engageais ni ce que je devais vraiment chercher.

La prêtresse m'attendait dans les catacombes. Je me souviens très bien de ce moment, nous n'avons pas parlé, mais je savais exactement ce qu'elle attendait de moi. Elle ouvrit un étrange portail magique. Je retins mon souffle, fermai les yeux et fit un pas à l'intérieur.

"Puissiez-vous revenir mon ami... Personne n'en a jamais été capable, que la Lumière vous guide."



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MessagePosté le: Sam 30 Juin - 15:27 (2007)    Sujet du message: [BG] Ethänn Répondre en citant

Nepherty a écrit:
Tard dans la nuit...

Un portail d'une lumière éclatante jaillit dans les profondeurs de la cathédrale de Stormwind. Je fus littéralement éjecté au travers de ce trou dimensionnel.

De ce fait, je me précipitai vers la grande prêtresse, n'ayant pas vraiment recouvert mes esprits:
"Grande prêtresse, j'ai réussi! J'ai le remède!
- Bien mon ami, soyez fier de votre accomplissement...
- Mais je dois vous dire qu'un terrible danger se prépare...
- Non! s'écria-t-elle. Ne me dites rien!
- Mais..."

A ce moment, je pris un violent coup sur la nuque qui me fit perdre connaissance...

A mon réveil j'étais dans un lit douillet ne sachant pas ce que j'y faisais. La grande prêtresse me rendit visite:
"Alors, comment vous sentez-vous?
- Qu'est-ce... Qu'est-ce que je fais là?
- Vous vous êtes écroulé de fatigue, votre périple a dû être épuisant.dit-elle d'un large sourire avenant.
- Mais pourtant je me souviens de..."

A ce moment précis, plus rien ne me vint en tête, juste des maux de tête à chaque fois que j'essayais de me souvenir de ce voyage. Il semblait que mes souvenirs n'existeaient plus. La grande prêtresse me regarda fixement et pris la parole d'un ton très froid :
"Vous ne devez pas en savoir plus... Et je vous ai aidé à oublier. La seule chose que je vous dois est ce qu'il y a sur ce chevet et qui apportera les soins nécessaires à vos deux enfants.
- Oui, je me souviens à présent... Mes deux enfants... Le reste m'importe peu."

Sur le chevet se trouvait une flasque d'un liquide étrange, le contenu semblait visqueux mais scintillait d'une inquiétante lueur verte. Etait-ce vraiment un remède? Je devais avoir confiance en la prêtresse. Je regrettais pourtant de ne pas me rappeler de ce voyage, mais qu'importe, c'est pour le bien-être de ma famille.

Sans perdre une minute, je pris la direction du Northshire, après m'être sorti du lit. Sans dire un mot, je regardais mes enfants avec grande inquiétude. Cependant, il ne fallait plus attendre et je leur tendis ce fameux breuvage censé les guérir. L'un après l'autre, ils burent le remède... Mais comment savoir si il était efficace.
Je décidai donc de rester près d'eux et d'attendre quelques jours. A priori, l'état de vieillissement accéléré semblait avoir disparu... Alors les larmes de mes enfants me firent comprendre leur joie et leur soulagement. Enfin, notre famille pourrait connaître bonheur et plénitude."

Voilà toute la vérité mon fils... Je sais que tout ceci peut sembler incroyable, j'avoue que moi-même j'ai du mal à vraiment réaliser tout ce qui s'est passé depuis, mais le passé appartient au passé et il nous faut avancer désormais. Je suis fière de voir à quel point tu as gagné en maturité mon fils, puisses-tu seulement me pardonner de t'avoir caché en partie toute cette macabre histoire... Nous ne souhaitons que votre bien, ton père et moi. Nous n'avons pas eu la chance de pouvoir vous élever comme nous l'aurions voulu mais ça serait égoïste d'avoir un tel regret au vu de ce que ta soeur et toi avez encourru. Nous serons toujours là pour vous quoiqu'il arrive, je t'aime mon fils, à jamais."

La lettre était terminée, je pliai doucement les 5 pages de papier et les remis dans leur enveloppe, la serrant fortement contre mon coeur. Je ne pus m'empêcher de pleurer... Pleurs de joie, de tristesse, d'amertume, de soulagement, de fièreté. Des pleurs d'un homme qui vient enfin de trouver la vraie raison au sens du mot vivre.


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MessagePosté le: Jeu 9 Aoû - 21:27 (2007)    Sujet du message: Réminescences. Répondre en citant

Ethänn était devant son carnet, à la lueur de sa bougie, il trempa sa plume dans l'encre et écrivit ceci. Une pensée qui ne l'avait jamais vraiment quitté mais qui au fil d'une conversation, lui était revenue tout d'un bloc.

"Je me souviens de cet étape de ma vie où il m'a fallu attendre, et attendre, toujours et encore le retour de mon père...Son retour aurait marqué la fin de cette lente agonie qui nous dévorait ma soeur et moi, sans qu'on n'y puisse rien.
Je me souviens de l'inquiétude qui se lisait sur le visage de ma mère, l'inquiétude dans le regard de ma soeur, l'inquiétude de toutes les personnes qui nous entouraient, de son inquiétude.
Je me souviens n'avoir jamais rien montrer de ce que je ressentais au fond de moi véritablement, préférant me protéger. J'étais, nous étions condamner, que pouvions-nous encore espérer de la vie à ce moment-là ?
Je me rends compte que c'est dans ce genre de situations que l'on réalise à quel point nous sommes faibles, fragiles et néanmoins à quel point la vie vaut la peine d'être vécue. Je n'avais pas encore passé l'année sur cette Terre, que j'affectionnais déjà le moindre de ses petits détails. L'odeur de l'herbe, le doux bruissement de l'eau, les piaillements des innombrables oiseaux, et par-dessus tout le ciel étoilé et sa fraîcheur crépusculaire. Il y avait aussi une chose que je désirais garder, cette jeune fille, brune à souhait, au sourire si plein de vie, au regard si envoûtant, à la voix si douce et si apaisante...

Elle s'était occupée de ma soeur et moi quand ma mère ne le pouvait pas. Elle devait avoir à peu près dix-huit ans, je n'ai jamais vraiment sur quel âge lui donner. Elle était si douce, si pleine de bonté et de gaieté qu'à chacune de ses visites, je me sentais vivre. Je ne connaissais rien de l'amour et n'imaginait même pas ce que cela pouvait être, et pourtant mon coeur lui ne semblait pas insensible à ce charmant petit bout de femme.
Petit à petit nous avons fait connaissance. Elle s'appelait Olivia. Ce que j'aimais beaucoup chez elle, à part le fait qu'elle soit très jolie, c'était sa façon de me regarder. Je n'étais pas une bête de foire et je ne voyais aucune pitié dans son attitude. Elle savait tout de moi et cela ne ladérangeait pas. Je crois qu'elle faisait tout pour me rendre la vie la plus heureuse possible, et je ne la remercierais jamais assez pour cela. Elle m'a dit un jour, alors que nous mangions dans les vignes du Père Maclure:

"Tu sais Ethänn, tu es la seule personne avec qui je m'entende aussi bien. A tes côtés je ne ressens rien d'autre que de l'alégresse, du bonheur, une envie de vivre débordante..
- Surement parce que ma vie va se terminer et qu'il faut en profiter..
- Je t'interdis de parler ainsi tu m'entends ! Ta vie ne fait que commencer, et tu te dois de toujours la préserver, quoiqu'on t'en dise quoique tu entendes, tu es maître de ta destinée.
- Mais si mon père n'y arrive pas...
- Alors tu devras te tenir prêt.
- Prêt à quoi ? A mourir...
- Non. A te battre. De toute ton âme, de tout ton coeur, de toutes tes forces. Tu m'as montré en quelques jours que la vie valait vraiment qu'on la vive pleinement, que chaque instant passé méritait la peine d'être vécu, montre-moi que c'est vrai, Ethänn.
- Je me battrais Olivia...pour toi.
- Bats-toi pour toi Ethänn et personne d'autre. Moi je resterais à jamais près de toi. J'ai besoin de toi."

Je me souviens de la douceur de ses lèvres contre les miennes, la chaleur de son corps contre le mien. Je me souviens de cette longe étreinte dans ce champ de vigne verdoyant. Je me souviens encore de mon visage entre ses mains et de son regard si tendre.
J'ai cru à ce qu'elle m'a dit...Encore aujourd'hui. Elle m'a donné foi en la vie là où tout autre personne aurait sans doute déjà baissé les bras. J'ai tout fait pour la garder près de moi, mais certaines choses, et malgré tout le coeur que l'on y met, finisse par disparaître. Elle n'est plus près de moi, la maladie l'a emporté alors que moi je venais d'être sauvé. La vie a parfois de drôle de façon de récompenser les êtres d'exceptions.

Je tenais à te dire ces quelques mots. Olivia où que tu sois, je suis sûre que tu dois être heureuse et je l'espère de tout coeur. Je ne t'oublierais jamais. Merci pour tout, vraiment. Tu auras toujours une place en mon coeur. Que la Lumière veille sur toi, en ce jour et à jamais...
"

Ethänn resta longuement devant cette page fraîchement écrite. Le regard embué de larmes malgré un sourire franc et bienveillant, il referma le livre, caressant la couverture de cuir avant de souffler dans un dernier soupir, sur la flamme rougeoyante qui termina sa danse chaleureuse.
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MessagePosté le: Mar 21 Aoû - 11:15 (2007)    Sujet du message: [BG] Ethänn Répondre en citant

Une nouvelle page venait d'être écrite dans le cahier du Chevalier.

"Tout le monde veut me faire dire, à tort, que je me suis trompé à son sujet. Tout le monde essaye de me persuader de ne plus la protéger, de la laisser à son destin. Tout le monde la veut morte...Pourquoi ? Est-ce qu'une seule faute peut entraîner une telle sanction ? J'ai tué bon nombres de gens dans ma courte existence, le paierais-je un jour moi aussi de cette façon aussi cruelle ? Je ne crois pas que la Lumière se délecte de telles exactions et encore moins de voir des personnes se haïr autant. Ce n'est pas ce que je défends non.
J'ai appris à voir au-delà des apparences, au-delà même de tout ce qui fait une personne, j'ai appris à voir ce que cache les coeurs, à sonder les âmes. Et ce que j'y trouve le plus souvent, ce sont des êtres perdus qui ne demandent qu'à retrouver leur chemin. Voilà pourquoi je suis là, pourquoi je défends tellement mes principes, mes convictions, pourquoi je peux paraître borné, têtu. Personne ne mérite de mourir, nous avons tous le droit de vivre, en quoi cela serait-il différent ? La mort, la vie, tout ça fait partie d'un cycle éternel, respectons-le. Ne nous permettons pas d'être des juges sentencieux sur le devenir d'un homme. La faute est humaine, le Pardon est divin. Nous avons tous droit à une seconde chance dans la vie. Tous, sans exception.
Certains évènements m'échappent, certaines réactions également. J'ai de nombreuses questions sans réponses, mais j'ai aussi de nombreuses certitudes. Je me dois de protéger tout ceux qui le méritent, et même si cela doit brusquer certains, cela ne m'en empêchera pas. C'est mon combat, ma vie. J'ai fait ce choix il y a bien longtemps.

J'aimerais dires également sur cette page, que j'ai commencé à lire le carnet de Valen. Je n'ai rien trouvé encore quand à sa disparition et son abscence de nouvelle qui me pèse lourdement. J'espère de tout coeur qu'elle va bien. J'ai beau faire ce que je peux pour ne pas inquiéter mes amis, mais mon coeur, lui, ne fait que pleurer...Je ne veux pas craquer, je n'en ai pas le droit...Pour toi Va...n *l'encre a coulé à cet endroit* je serais fort, je t'attendrais toujours et encore, je l'ai fait tout au long de ma vie, je peux encore le faire aujourd'hui. Une chose, reviens moi en vie, je t'en prie...J'ai besoin de toi. Je ne veux pas te perdre. Si un jour ce cahier tombe entre tes mains, saches que je t'aurais aimé comme personne, que je t'aime plus que tout, et que je ne cesserais de t'aimer en cette vie ou dans une autre."
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MessagePosté le: Dim 16 Sep - 23:28 (2007)    Sujet du message: [BG] Ethänn Répondre en citant

Voilà près d'une semaine que le Chevalier avait disparu sans donner aucune nouvelle. Personne ne sait où il se trouve. Pas même sa compagne, Valen. Elle s'était réveillée un beau matin, son bras cherchant son bien-aimé sur le couffin, mais le seul contact qu'elle reçue, était celui de l'oreiller encore tiède. Le drap était tiré sur elle, tout comme la couette, la froideur hivernal de l'extérieur se faisant de plus en plus ressentir. Elle ne comprit pas vraiment sur le coup et ne prêta pas une attention particulière à cet abscence, son homme aimant partir à l'aurée de la matinée. Seulement après une journée passée sans aucune nouvelle, l'inquiétude la gagna. Tout comme les autres Chevaliers. Personne ne pouvait expliquer cette abscence, il n'avait rien laissé, pas même une lettre. Il ne restait plus qu'à attendre, attendre un éventuel retour, et d'éventuelles explications.

Ethänn se leva lentement. Il passa une main sur son visage et posa son regard sur une jeune femme, près de lui. Elle était si belle, encore profondément endormie, son visage, si serein. Il passa une main discrète et délicate dans la chevelure de la jeune femme et déposa un léger baiser sur le front de cette dernière la faisant légèrement frissonner. Il s'aperçut qu'elle n'était pas sous le couvert des draps et que la nudité de sa poitrine et de ses épaules était la cause de son frémissement. Il se chargea de la couvrir soigneusement et afficha un sourire comblé, empli de bonheur et de contentement.
Il posa les pieds au sol et resta longuement assis, sur le bord du lit, à contempler le ciel ombrageux qui filtrait au travers de la fenêtre de la chambre. Un ciel noir, opaque, où aucune lumière ne semblait filtrer. Personne n'aurait su dire quelle heure il était, la noirceur de ce plafond endiguant les sens, même les plus expérimentés. Il se leva et commença à s'habiller. Il ficela sa chemise de lin blanche, enfila son pantalon de laine ocre, et s'appliqua à s'équiper de son armure de plate. Après quelques minutes très longues, il se retourna vers le lit et constata la place vacante. Il resta un long moment, seul, devant ce lit vide de sens qui le ramenait si durement à la réalité, puis il fit volte-face, prit son bouclier et quitta la pièce.

Dehors, bon nombres de gardiens de la forteresse s'afféraient, bon nombres d'aventuriers également. Les griffons battaient des ailes avec vigueur, les chevaux henissaient et martelaient le sol avec fureur, les cris des officiers emplissaient la cour principale avec ferveur. Ethänn, quand à lui, marchait d'un pas lent vers les remparts. Il gravit les marches et se retrouva sur la coursive du rempart Nord. Il regarda au loin. L'horizon faisait naître des montagnes noires, aux pics acérés, dardant leur orgueil sans vergogne. Des multitudes d'éclairs cinglaient le ciel, fouettant le sol de ses traits puissants et si incontrôlables. Le vent était lourd, cinglant, relevant le sol poussiéreux à maints endroits, de petits éclats de roches venant terminer leur course sur l'armure du Chevalier. Mais ce qui était encore plus effroyable, ce qui emplissait le regard des hommes de crainte, ce qui rendait le coeur d'Ethänn si lourd, était cette armée si imposante qui se dirigeait vers la Forteresse. Une armée si grande qu'il était impossible de la dénombrer. Une gigantesque mer de roche, de feu, de fracas assourdissants se dirigeait vers le dernier bastion des hommes. Ce n'était là, encore, qu'un assaut de plus, mais celui-ci allait être d'une force sans précédent. La main d'Illidan et de ses alliés allait mettre un poing d'honneur à se refermer sur le destin des habitants de ce fortin.

Ethänn inspira longuement, et mit son heaume. Il voyait se déferler la fureur d'un monde en péril, un monde qui ne cessait de hurler sa douleur, sa peine, sa colère, son impuissance. La noirceure qui règnait autour de lui l'étouffait peu à peu, mais il savait au plus profond de lui, que quelque soit les ténèbres qui tenteraient de s'emparer de son âme, aucune ne serait suffisante pour lui octroyer son droit de vivre. Il posa son regard sur les hommes qui peu à peu prenaient place pour défendre ce morceau de terre. Il les voyaient tous plus déterminés les uns que les autres. Il les voyaient tous plus apeurés les un des autres, il en voyait certains trembler derrière leur bouclier, il en voyait d'autres prier, d'autres étreignaient un compagnon, une femme, un enfant. Ce n'était pas un combat pour la gloire ou même l'honneur, mais bel et bien celui de la survie d'un Peuple, celui de la dignité, celui de la liberté. Le Chevalier les regardait tous suivre les ordres, certains décollaient à dos de griffons, d'autres se préparaient à dos de monture équestre, les fantassins étaient prêts, les archers également, les bombardiers, les ingénieurs gnomes, les miliciens nains et les mercenaires venu de toutes les contrées du monde, chacun allait prétendre à son droit de vivre.

L'armée noire avançait. Le sol tremblait. Le ciel s'assombrissait de plus en plus, les éclairs se chargeaient de plus d'intensité. Le vent se gonflait, fouettant les visages les moins endurcis qui pliaient sous sa force et son impétuosité. La peur était palpable, la mort planait sur la citadelle. Les cris horribles des êtres décharnés déchiraient les coeurs, les dragons noirs effectuaient des cercles dans le ciel, se gargarisant de cette peur. Les tambours battaient leur rythme éffrénés. Sous peu un déluge de flamme allait se répandre sur le bastion et c'est à ce moment-là qu'une terrible lueur déchira le ciel en deux l'espace d'un instant.
Une lumière si intense qu'elle arrêta net l'avancée ennemie et obligea les hommes à se cacher les yeux. Une Lumière qui apaisa les âmes et les coeurs des soldats, qui les revigora. Une lumière suffisamment puissante, qui avait percer la masse noire et orageuse de ce ciel d'apocalypse. Tous les regards cherchaient l'instigateur de ceci et ceux qui se trouvaient près de la source pourront vous raconter qu'il s'agissait d'un homme. Un seul homme, qui, brandissant son épée, avait permis d'accomplir ce miracle. Une voix s'éleva ensuite du haut des remparts, une voix puissante:

-"Laisserons-nous ce Monde s'écrouler ?! Les laisserons-nous nous prendre nos vies ? Cette vie qui nous revient de droit ! Les laisserons-nous répandre ce froid qui emplit nos corps, nos coeurs et nos âmes ! Les laisserons-nous ravager tout ce auquel nous tenons ?! Je suis aussi terrifié que chacun d'entre vous, mais ne laissons pas cette peur nous guider ! Relevons la tête, brandissons bien haut nos boucliers, faisons chanter nos lames, que le vent de l'humanité et de la liberté gonfle nos coeurs et nous pousse en avant ! Nous ne faiblirons pas Peuple de l'Alliance ! Nous ne faiblirons pas ! Ne les laissons pas nous asservir ! Combattons pour que chacun puisse croire en des jours meilleurs ! Combattons pour notre avenir et faisons résonner dans les tréfonds de cette terre, la Foi qui nous anime tous ! Montrons-leur que nous ne les craignons pas !"

Une terrible clameur gagna la citadelle. Chaque pierre semblaient frémir devant cet élan soudain. La clameur gagna l'Ennemi, plus forte que leurs tambours, plus forte que leur cris, plus forte que leur avancée macabre. Plus forte que le déchaînement naturel, la clameur de ces hommes, ou plutôt de leur âme et de leur coeur avait ébranlée la rage et la haine, la noirceure et le Mal. Le Chevalier brandit haut son arme dans le ciel, faisant front de tout son être face à cette armée de mort. Et toute la forteresse le suivit d'une seule main.

-" Pour la liberté ! Pour Uther !"

Le ciel prit une couleur pourpre. Une pluie de flèche s'abattit de part et d'autres, des explosions, des flammes, des hurlements...La bataille de la Vallée d'Ombrelune venait de débuter.
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MessagePosté le: Mar 18 Sep - 19:34 (2007)    Sujet du message: [BG] Ethänn Répondre en citant

La chaleure moite de l'enceinte encore branlante de l'assaut terrifiant de l'Ennemi pesait sur les épaules du Chevalier, tout comme l'odeur nauséabonde du bois brûlé, de la chair meurtrie. La citadelle tentait vainement de rester sur pied. Les morts se comptaient par centaines, tandis que les vivants renforçaient ce qu'il pouvait des remparts qui s'effritaient et des lourdes portes en bois massif qui croulaient sous le poids des projectiles ennemis.
L'assaut avait duré toute la journée, impétueux, puissant, sans pitié ni vergogne, l'Ennemi a frappé, tranché, maculé le sang de la liberté sur le sol souillé par la corruption. Mais certains coeurs ne fléchissèrent point. Malgré la douleur, l'afflicition, la perte d'un ami, d'un proche, certains relevaient la tête avec fierté, aidant leurs compagnons à en faire de même, voyant que l'espoir s'égrennait de plus en plus au fond de leurs yeux. Les femmes et les enfants avaient tous été mis en sécurité à l'intérieur du fortin principale, dans les fondations même de ce géant de pierre. Des femmes qui pleuraient et chérissaient un ou plusieurs enfants, d'autres qui maudissaient et hurlaient, d'autres encores préférant rester muette et enfouir leur peur et leur chagrin au plus profond de leur être. Ce spectacle horrifiant était celui qui règnait de plus en plus en Outreterre. Les armées d'Illidan marchaient de plus en plus contre l'humanité, balayant tout avec férocité. La précarité et l'impossibilité de conduire des renforts promptement était le fléau des hommes en ces terres. Et le bastion d'Ombrelune en faisait les frais.

Le Chevalier marchait vers les infirmiers de combats qui tentaient d'aider du mieux de leurs compétences, les soldats blessés. Le gros de la tempête était passé, et lorsqu'il posa son regard sur le ciel, il crut apercevoir quelques éclats lumineux, bref, mais suffisant pour lui redonner le moral. La nuit était tombée, de part et d'autres, le repos s'imposait. Le Chevalier alla de blessés en blessés, les saluant de la tête, leur donnant tout l'espoir qu'il cherchait au fond du regard du jeune homme qui ne cessait de leur sourire. Alors qu'il posa une main sur l'épaule d'un homme, une jeune femme vint à lui et le prit par le bras.

"Messire que faites-vous dont ?
- Pardon Dame ?
- Ne voyez-vous pas l'état dans lequel se trouve ces hommes ?
- Si Dame, et je ne vois pas la raison de votre emportement.
"

La jeune femme se mordit les lèvres, contenant sa colère mais sa fureur était telle qu'elle ne put s'empêcher de crier, les larmes perlant sur ses joues pleines de sang:

"Votre naïveté m'écoeure ! Votre suffisance, cette façon que vous avez de vous comporter me donne envie de vomir ! Comment pouvez vous rester aussi insensible face à ce que nous venons de subir ?! Vous souriez constamment alors que le malheur s'abat sur nous ! J'ai perdu mon frère et mon mari est dans un état critique...et je vous vois venant dire à ces hommes de reprendre le combat ! La folie fait-elle partie de l'apanage des plus grands ?! Pourquoi..pourquoi tout cela ?! Pourquoi devons-nous autant souffrir sur des terres qui ne sont pas nôtres...pourquoi verser le sang de personnes innocentes...."

La jeune femme s'avançait alors qu'elle parlait, giflant le Chevalier, puis le frappant sur le torse de ses deux poings ensanglantés. Elle déferlait toute sa peine, sa colère, son impuissance, son incompréhension face à cet évènement qui la dépassait. Ethänn lui posa une main délicate sur la tête de la femme et l'appuya contre son épaule:

"Vous avez raison Dame...Pourquoi tant de vies doivent-elles être sacrifiées sur l'autel de la liberté ? Je ne saurais vous dire Dame... Elle releva la tête en sanglotant, regardant le Chevalier. Tout ce que je sais c'est qu'au fond de moi, je ne peux pas laisser ce monde dépérir. Je ne peux pas rester impassible alors que des personnes souffrent autour de moi. Je ne demande à personne de me suivre dans ce combat, sans doute perdu d'avance, mais je crois en le bien-fondé d'une telle entreprise. Se battre pour les choses auquel nous tenons vraiment. Se battre pour un idéal...Je veux croire en ce Monde, lui laisser la chance de renaître et pour cela, je dois me battre, de toute mon âme, de tout mon coeur. Je ne dois pas faiblir, ni avoir peur de l'avenir, car il n'appartient qu'à nous de le rendre meilleur."

Ethänn souriait à la jeune femme, d'un sourire franc, plein de bienveillance. Les quelques soldats présents, se relevèrent tant bien que mal, malgré leurs blessures et s'inclinèrent devant le Chevalier:

"Nous nous battrons jusqu'au bout Messire. Pour vous et pour ma femme qui m'attend."

Ethänn inclina la tête humblement.

"Oui je me battrais moi aussi pour ma famille et pour que d'autres générations puissent prétendre à leur droit de vivre en ces terres.
- Mais enfin vous êtes blessés..vous ne devriez pas...
- Merci pour vos soins Dame, mais nos blessures n'arrêteront pas notre volonté de vivre.
- Mais vous allez mourir !
- S'il faut mourir pour faire avancer les choses alors je mourrais en sachant que ma vie aura servi un idéal méritant.
"

La jeune femme était désemparé face à ces soldats qui regagnaient peu à peu leurs postes respectifs. Ethänn lui sourit de nouveau et lui dit doucement:

"Restez près d'eux, ils auront besoin de vous Dame. Si nous devons faire de grandes choses, cela ne se fera pas sans votre aide.
- Venez...
- Qu'y a t il ?
- Votre oeil...venez...
"

Ethänn avait beau dire que sa blessure était superficielle, il n'eût pas le dernier mot. La nuit s'écoula lentement et chacun la savourait avec plus ou moins d'entrain.
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